CFE-CGC, FNATH et UPA « Le travail : comment ne pas en faire une maladie »

Bernard Moreau, président de l’UPA, Carole Couvreur, présidente de la CFE-CGC, Bernard Blateron, président de la CFE-CGC Midi-Pyrénées et Arnaud de Broca, secrétaire général de la FNATH.

La question du bien-être au travail est une préoccupation de plus en plus présente au sein des entreprises, et de la société en général. Il y a déjà dix ans, la CFE-CGC créait un observatoire du stress. Aujourd’hui, le syndicat de l’encadrement signe un partenariat avec la FNATH, l’association des accidentés de la vie.

« Nous voulons être en mode préventif plutôt qu’en curatif » explique Carole Couvert, présidente de la Confédération Française de l’Encadrement – Confédération Générale des Cadres (CFE-CGC). Et son émissaire régional, Bernard Blateron de préciser « Nous sommes attentifs à défendre les intérêts de nos adhérents. Que se passe-t-il lorsqu’il y a un pépin, un accident, une longue maladie? » C’est tout l’objet de la signature du partenariat avec la FNATH, l’association des accidentés de la vie, un dispositif pilote en France. Sous le titre évocateur « Le travail : comment ne pas en faire une maladie », la CFE-CGC, la FNATH mais aussi l’Union Professionnelle Artisanale (UPA) ont organisé une rencontre débat dans les locaux de l’Ensiacet à Labège. Plus de 300 personnes ont assisté à la projection du film « Article 23 » de Jean-Pierre Delépine et aux échanges qui ont suivi avec de nombreux intervenants de différentes organisations locales. Retours d’expériences, échecs et réussites des pratiques des uns et des autres, cette soirée a atteint son objectif : «amener à une prise de conscience et alerter les pouvoirs publics » ponctue Carole Couvert.

 

« La crise entraîne aussi une acceptation de la souffrance au travail »

Les trois premiers facteurs de stress au travail, selon le baromètre Opinionway pour la CFE-CGC « Baromètre stress, conditions de travail et qualité de vie au travail », sont : l’interruption fréquente du travail, l’absence ou le manque de vision stratégique de son entreprise et la gestion de l’agressivité des clients. Bernard Blateron stipule que « 70% du harcèlement au travail se fait entre collègues, alors que lorsqu’on évoque le harcèlement on pense directement à la hiérarchie. » Arnaud De Broca, Secrétaire général de la FNATH depuis 2007, explique « La crise entraîne aussi une acceptation de la souffrance au travail. Depuis 1921, nous accompagnons des gens en souffrance. Il n’y a pas de bon ou de mauvais stress, beaucoup de problèmes de stress sont liés à l’organisation du travail. » Et le phénomène ne concerne pas que les grosses entreprises, « le stress existe pour tous » confie Bernard Moreau, président de l’Union Professionnelle Artisanale. Et de poursuivre : « Dans les petites structures, la pression est économique, elle vient du client, de la banque. Nous sommes peut-être la première entreprise de France, nous ne délocalisons pas, mais nous ne sommes toujours pas considérés, les artisans sont souvent oubliés. » Le partenariat est signé : une porte ouverte vers le vœu qu’exprime tout haut Carole Couvert : « nous souhaitons devenir des diffuseurs de bonnes pratiques, nous avons envie de faire de la qualité de vie au travail une solution à la crise. »

Marie-Agnès Espa

 

Le chiffre

70% du harcèlement au travail se fait entre collègues



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