Borloo accélère

Le ministre d’Etat a présenté un plan en 50 mesures pour développer les énergies renouvelables. L’objectif est d’économiser 20 millions de tonnes de pétrole par an d’ici 2020 et de parvenir à 23 % d’Energie Renouvelable dans la consommation énergétique nationale.
Combler le retard

«La France a pris du retard dans ses capacités industrielles parce que nous bénéficions d’un climat tempéré et que nous avions l’énergie nucléaire. Aujourd’hui, deux décisions ont été prises : lancer un énorme plan de réduction des besoins énergétiques du bâtiment et un plan de développement des énergies renouvelables», commentait le ministre à l’occasion de la conférence inaugurale de la semaine des énergies renouvelables qui se déroule actuellement et parallèlement au SIREME, le salon international des énergies renouvelables et de la maîtrise de l’énergie dans le quartier de la Défense, à Paris. Aujourd’hui, deux décisions ont été prises : lancer un énorme plan de réduction des besoins énergétiques du bâtiment et un plan de développement des énergies renouvelables. C’est ce dernier volet que vient de présenter Jean-Louis Borloo.

 

Un milliard pour un chauffage alternatif

Le gouvernement débloquera 1 milliard d’euros sur 3 ans pour alimenter un “fonds chaleur renouvelable”. L’objectif est de diversifier les chauffages dans l’habitat collectif, le tertiaire et l’industrie, en développant la production de chaleur à partir de ressources réputées inépuisables comme le bois, l’énergie solaire ou la géothermie.La création d’un fonds chaleur était l’un des engagements du Grenelle de l’environnement. Il devrait enfin voir le jour en 2009. L’objectif est de soutenir la production de 5,5 millions de tonnes équivalent pétrole (MTEP) supplémentaires d’ici 2020, soit plus du quart de l’objectif fixé par le Grenelle de l’environnement en matière d’énergies renouvelables (20 MTEP supplémentaires). Le fonds devrait assurer aux collectivités et entreprises une rentabilité des investissements en garantissant, grâce aux aides financières, que la chaleur renouvelable sera vendue à un prix inférieur de 5 % à celui de la chaleur produite à partir d’énergies fossiles.

Chauffage géothermique

Le ministère de l’Ecologie compte multiplier par six, d’ici à 2020, la production d’énergie issue du sous-sol. L’objectif est d’équiper deux millions de foyers de pompes à chaleur en relançant les programmes de géothermie en Ile-de-France, en Alsace, en Aquitaine, en Midi-Pyrénées et dans la région Centre.

Eoliennes, le vent en poupe

Malgré le lobby des anti-éoliennes, la filière n’est pas en reste. La France devrait être dotée d’un parc de 8 000 éoliennes à l’horizon 2020, soit une multiplication par 10 de la puissance par rapport au parc actuel. Mais face aux nombreuses critiques dont elles font l’objet, le gouvernement souhaite un développement à haute qualité environnementale. Autrement dit, le schéma d’implantation des éoliennes doit éviter un mitage du territoire, prévenir les atteintes aux paysages, au patrimoine et à la qualité des riverains. Cela devrait passer par la construction de parc de taille plus importante que celle des parcs actuels. L’idée de classer dans le régime ICPE (installations classées pour la protection de l’environnement) les éoliennes, semble abandonnée au profit d’un encadrement réglementaire ad hoc selon le ministre d’Etat. Les niveaux d’achat de l’électricité éolienne (8,2 €/kWh) est confirmé jusqu’en 2012. Un nouvel arrêté d’achat devrait être publié dans les prochains jours. En ce qui concerne les éoliennes en mer, les procédures administratives devraient être simplifiées. Les ZDE (zone de développement de l’éolien), créées pour les éoliennes terrestres, ne devraient plus être appliquées à l’offshore. Un schéma de planification est en cours de développement aujourd’hui.

Le solaire en fer de lance

Un appel d’offres sera lancé avant la fin de l’année pour la construction, d’ici à 2011, d’au moins une centrale solaire dans chaque région. Un dispositif de soutien tarifaire spécifique, (0,45 €/KWh) permettra de faciliter le déploiement de panneaux photovoltaïques sur les bâtiments professionnels (supermarchés, bâtiments industriels ou agricoles de grande taille). Les toitures des bâtiments de l’Etat en seront également équipées. Enfin, les démarches administratives et fiscales seront simplifiées pour les particuliers désireux d’équiper leur maison de panneaux n’excédant pas une surface de 30 m² avec toujours un tarif de rachat de 0,57 €/KWh en toiture intégrée adossé à un contrat sur 20 ans. Le crédit d’impôt sera maintenu au travers des dispositions actuelles. Par ailleurs, lancement d’un appel d’offre, dès la fin de l’année 2008, pour la construction d’ici 2011 d’au moins une centrale solaire par région. L’objectif vise une puissance cumulée de 300 MW.

Avis d’écologiste

Bonne nouvelles pour la planète puisque le ministre engage notre pays vers le renouvelable en se conformant au plan “énergie climat” de l’UE, même s’il en délaisse quelques aspects dont les biocarburants de deuxième génération. Un bémol concernant les éoliennes qui semble-t-il ont le vent contraire avec de nouvelles dispositions durcissant leur implantation. La mode actuelle est au solaire photovoltaïque, et il n’est pas de jour sans que naisse une nouvelle société “spécialisée dans le domaine”. Il convient de faire très attention aux matériaux (panneaux ou tuiles solaires) utilisés et aux composants de la chaîne énergétique (convertisseur 12/220 ou 12/380 V) dont la qualité est primordiale. Ce dernier élément peut voir son rendement varier entre 75 % et 99 %, ce qui se traduit directement par les KW produits… Si l’engouement pour les agriculteurs, avec des surfaces de 300 à quelques milliers de m² est justifié, 600 m² représentant sur 20 ans, un revenu moyen de 2 000 €/mois… Pour le particulier dont la production est limitée à 30 KW soit 25 m² de surface utilisée, risquer des problèmes de toiture associés à des contraintes de maintenance pour un revenu de 1 500 €/an après 8 ans ; l’intérêt reste à démontrer.
Un petit coup de gueule : si l’objectif est de produire de l’énergie verte, pourquoi une différence de tarif pour le rachat en intégré toiture (0,57 €/KWh) et 0,37 €/KWh en posé sur toiture ? Nos voisins, eux ne font pas de différence. Enfin pourquoi des quotas maximum de production liés aux éoliennes qui, s’ils sont dépassé, diminuent la valeur de rachat ? Ceci explique pas mal d’éoliennes stoppées volontairement… On marche sur la tête ou bien c’est EDF qui dirige ce pays ?



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.