Biocoop: Un îlot bio en centre-ville

Biocoop

Leader du marché bio en France, Biocoop appuie son développement sur l’approvisionnement local de proximité et vient de fêter le premier anniversaire de sa dernière implantation toulousaine, sur les Allées Jean Jaurès. La propriétaire, Sylvie Delpech, après avoir débuté dans l’agro-alimentaire a préféré se tourner vers ses valeurs et s’investir dans le commerce de produits biologiques. C’est donc par conviction qu’elle a ouvert, en association, le premier Biocoop du centre-ville de Toulouse.

Pouvez-vous, tout d’abord, nous expliquer quelles sont les particularités des boutiques Biocoop dans leur ensemble ?

Le réseau Biocoop qui a vu le jour il y a une trentaine d’années en Bretagne, grâce à des agriculteurs bio et des consommateurs qui se sont unis pour écouler leurs produits, est régi par un système coopératif, ce qui implique une culture d’entreprise particulière. Chaque magasin est ainsi membre de la coopérative Biocoop, ce qui a l’avantage de nous donner une voie lors des votes des principales décisions mais ce qui nous engage aussi à faire vivre les agriculteurs biologiques locaux. Cependant toutes les boutiques sont indépendantes ; ce qui nous permet de gérer nos magasins comme nous le souhaitons, certains sont déclarés en Scop, d’autres en SARL ou encore en associés… Comme c’est le cas pour mon établissement de Jean Jaurès.

Plus précisément, quelles sont les particularités de votre magasin situé sur les Allées Jean Jaurès ?

Il existe de petites boutiques «bio» en ville mais les clients ne peuvent pas vraiment y faire toutes leurs courses. De même, les rayons «bio» des grandes surfaces étalent des produits plus génériques que les nôtres et souvent importés. Nous, nous essayons de faire appel à l’importation le moins possible et de faire vivre l’agriculture locale. Dans nos magasins Biocoop de Toulouse, nous faisons travailler entre 70 et 200 producteurs locaux qui nous livrent en direct. Il s’agit d’un réel engagement pour la Région et pour la ville. Nous nous engageons sur du long terme (minimum un an) afin que nos fournisseurs puissent prévoir leurs récoltes, et leur acheter à un prix fixé. Nous nous trouvons dans une réelle relation de partenariat.

Autre particularité, nous proposons un système de produits en vrac, non emballés, que nous mettons dans des silos et dans lesquels les clients se servent à l’aide de sacs en papier kraft recyclés. Ceci limite le transport, les emballages et la pollution, c’est vraiment du vrai bio.

Justement, y a-t-il une différence entre vos prix et ceux des grandes surfaces sur le bio ?

Cela dépend des produits. J’ai réussi à trouver des produits bio plus chers en grande distribution que chez nous. S’ils importent une pomme d’Italie comme ils le font beaucoup, elle peut être beaucoup plus chère que celle que je vendrai dans mon magasin de Jean Jaurès et qui sera issue de Haute-Garonne.

550 clients par jour

La boutique de Jean Jaurès a fêté son premier anniversaire en mars dernier. Quel bilan tirez-vous de cette première année d’existence ?

Notre bilan est excellent puisque nous avons énormément de monde, venu d’abord par curiosité et que nous sommes parvenus à fidéliser grâce à notre large choix, à la fraîcheur de nos produits et à nos prix. Nous avons presque trop de monde maintenant (rires) ! En termes de chiffre d’affaires, nous avons atteint 1.4 millions d’euros pour notre première année d’existence et nous enregistrons des pointes de fréquentation qui peuvent aller jusqu’à 550 clients par jour, notamment le samedi. A ce titre, j’ai dû embaucher pour faire face à l’afflux des consommateurs. Désormais, nous sommes dix personnes pour accueillir les clients, dont huit à temps plein et deux à temps partiel, ce qui est pour moi une vraie satisfaction.

Comment expliquez-vous que l’alimentation biologique séduise toujours plus de monde malgré son prix qui reste quand même élevé par rapport à l’alimentation générale ?

Je crois vraiment à une prise de conscience sur les problèmes environnementaux, sur la santé et donc sur la nécessité de faire attention à ce que l’on mange, à ce que l’on plante et comment on le plante. La médiatisation de la qualité alimentaire depuis plus d’un an y participe également et cela nous porte. Je pense qu’il ne s’agit pas que d’une mode mais vraiment d’un état d’esprit. Cette façon de consommer va au-delà des militants de la première heure, tout le monde y est sensible, même des gens qui n’étaient pas forcément convaincus. J’ai également une clientèle de quartier qui trouve ici un rapport qualité/prix intéressant. Il est important de refaire vivre ce commerce-là en centre-ville avec des produits régionaux.

Mais les prix que vous affichez, restent plus élevés que ceux d’un magasin conventionnel ?

Cette différence est vouée à se réduire. Ce sont les contraintes de production qui rendent le bio plus cher : un produit bio est beaucoup plus fragile, plus dépendant de la météo et les rendements sont alors moindres, ce qui implique que l’agriculteur soit obligé de vendre plus cher pour survivre. Mais, de plus en plus de terres se convertissant au bio et l’offre étant de plus en plus importante, les prix baisseront mécaniquement.

Une fédération Biocoop 

Biocoop a tissé une toile de 10 boutiques dans la région toulousaine en peu de temps… magasins qui se sont fédérés en association depuis septembre dernier…

L’objectif de notre association est de pouvoir parler d’une seule voix, au nom des Biocoop de Toulouse, de communiquer ensemble, de mettre des budgets en commun et d’aider nos agriculteurs. En ce moment, nous travaillons avec notre agence de communication pour récompenser nos fournisseurs. Nous choisirons un ou plusieurs agriculteurs dans l’année et lui donnerons des bourses ou des crédits pour qu’ils puissent investir et se développer.

Quels avantages cette association procure-t-elle pour votre propre boutique ?

C’est une réelle force. Les dix magasins toulousains s’entraident. Appartenir à cette association est important pour moi car je souhaite aider les agriculteurs. Toute seule, je ne pourrais pas le faire de façon aussi importante parce que je ne connais pas tous les producteurs locaux. Avec mon magasin, je traite avec une cinquantaine d’agriculteurs mais les boutiques plus anciennes travaillent avec près de 200 producteurs. L’association permet de mettre en commun cette base de données de fournisseurs du 31 et des départements limitrophes. Je trouve un avantage également à faire livrer mes produits dans un magasin de la périphérie pour que le chauffeur n’ait pas à venir jusqu’en centre-ville, puis je vais les récupérer moi-même.

Biocoop a-t-il encore des projets d’extension sur la région toulousaine ?

Au niveau national, Biocoop regroupe plus de 320 magasins, ce qui en fait le premier réseau bio de France, et a l’intention de se développer encore mais sur Toulouse je ne pense pas car nous sommes déjà dix. Avant de penser à créer d’autres points de vente, il faut que tout le monde prenne bien ses marques puisque trois boutiques, dont la mienne, ont tout juste un an. Par la suite, pourquoi pas ! Je pense qu’il reste de la place encore en centre-ville pour un autre magasin.

Propos recueillis par Séverine Sarrat



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