Attention aux portables !

Voilà plusieurs années que le J.T vous alerte sur les risques des ondes électromagnétiques, pour notre santé. Lignes Haute tension, antennes relais, téléphones mobiles, bornes Wi-Fi sont soupçonnées depuis longtemps par la communauté scientifique d’être à l’origine de troubles inquiétants.

 


Les scientifiques se mouillent

Dans une société qui se prétend démocratique, nous pouvons être étonnés de ne pas voir plus souvent les scientifiques médiatiser leurs recherches. Vingt scientifiques internationaux et non des moindres, sommités reconnues sur la recherche liée aux cancers, directeurs de recherche,  scientifiques de haut niveau, lancent un appel dans le Journal du Dimanche paru le 15 juin dernier contre les dangers que représente le téléphone portable, notamment pour les enfants de moins de douze ans. Cet appel a été coordonné par David Servan-Schreiber, professeur de psychiatrie à l’université de Pittsburgh et connu pour le succès de son livre Guérir (2003).

Fortes présomptions

Selon le JDD, les scientifiques s’accordent sur deux choses : il n’y a pas de preuve formelle de la nocivité du portable, mais un risque existe qu’il favorise l’apparition de cancers en cas d’exposition à long terme. «Nous sommes aujourd’hui dans la même situation qu’il y a cinquante ans pour l’amiante et le tabac. Soit on ne fait rien, et on accepte un risque, soit on admet qu’il y a un faisceau d’arguments scientifiques inquiétants», explique Thierry Bouillet, cancérologue à l’hôpital Avicenne de Bobigny et signataire de l’appel. Parmi les principaux autres signataires figurent le Dr Bernard Asselain, chef du service de biostatistiques du cancer à l’Institut Curie, le Pr Franco Berrino, directeur du département de médecine préventive et prédictive de l’Institut national du cancer de Milan, Jacques Marilleau, ingénieur, ancien physicien au Commissariat à l’énergie atomique et au CNRS à Orsay, ou encore Joël de Rosnay, docteur ès sciences.

 

Quels sont les dangers?

Une étude suédoise montre que le risque d’avoir une tumeur cancéreuse du côté où l’on téléphone est multiplié par deux au bout de dix ans. Le rapport américain Bioinitive ajoute qu’il y a également un risque significatif d’augmentation des leucémies infantiles et des troubles neurologiques (dont Alzheimer). Les chercheurs comptent sur “Interphone”, la première étude épidémiologique de grande ampleur menée dans 13 pays. Son volet français a déjà conclu qu’il y a «une tendance générale à un risque accru de gliomes (tumeurs cancéreuses) chez les gros utilisateurs», mais précise que ces résultats ne sont «pas statistiquement significatifs». Les résultats définitifs, attendus cette année, devraient permettre d’y voir plus clair.

Les lobbies influencent-ils les chercheurs?

«L’influence des industriels est très forte, comme on l’a déjà constaté pour l’amiante», estime Etienne Cendrier, porte-parole de l’association Robins des toits. Il cite, dans un livre récent, le compte-rendu d’une réunion de 1994 de la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication, dont l’objectif était d’organiser un lobbying européen pour s’opposer aux «rumeurs dommageables sur le plan commercial».En France, le travail de l’Afsset, l’agence publique qui a réalisé les deux derniers rapports officiels sur le sujet, a été désavoué par ses ministères de tutelle. Quatre des dix experts du rapport de 2005 avaient des liens directs ou indirects avec des opérateurs, tandis que des experts du rapport de 2003 avaient plaidé pour le faible danger du mobile dans un supplément publicitaire d’Impact Medecine financé par un opérateur national.

 


Associations sur le qui-vive

Les militants associatifs recensent plusieurs cas de chercheurs écartés ou privés de crédits. Ainsi Gérard Ledoigt, chercheur en biologie à l’université de Clermont-Ferrand, découvre en 2006 que les gênes des plants de tomates interprètent les ondes du mobile comme une agression. Un an plus tard, il apprend que son labo est démantelé, avant d’être désavoué par son université pour des propos qu’il n’a pas tenus. «J’ignore pourquoi, mais on m’a de facto empêché de travailler sur le sujet», indique-t-il. L’université rétorque que ses recherches se poursuivent dans un autre labo, avec un financement de la fondation Santé et radiofréquences, dont Gérard Ledoigt fait partie. Cette structure créée en 2006 irrigue l’essentiel de la recherche française sur le sujet. Elle est dans le collimateur des associations car elle est financée à parité par l’Etat et les industriels. «Nous ne sommes pas représentés à son conseil scientifique, qui travaille en toute indépendance», indique-t-on à l’Association française des opérateurs mobiles (Afom).

La prudence des assureurs

Dans un rapport de 2006, certaines sociétés de bourse estimaient que les opérateurs devaient mieux informer leurs clients des risques potentiels afin de minimiser l’impact financier lié à d’éventuels procès. Les assureurs se montrent également très prudents. A l’image d’Axa, la plupart d’entre eux a exclu de leurs contrats destinés aux particuliers et aux entreprises les risques potentiels liés aux ondes électromagnétiques. Les assureurs redoutent ce «risque non maîtrisé et qui pourrait dériver en futurs sinistres sériels», confirme le réassureur allemand Paris Re qui refuse pour sa part de couvrir les risques liés à l’électromagnétisme pour les fabricants de portables et d’antennes relais.

 

Dix mesures préconisées

Ces mesures sont aussi importantes pour les personnes déjà atteintes d’un cancer afin d’éviter toute influence extérieure qui pourrait contribuer à la progression de leur maladie.
- N’autorisez pas les enfants de moins de 12 ans à utiliser un téléphone portable sauf en cas d’urgence. En effet, les organes en développement (du foetus ou de l’enfant) sont les plus sensibles à l’influence possible de l’exposition aux champs électromagnétiques.
- Lors de vos communications, essayez autant que possible de maintenir le téléphone à plus d’1 m du corps (l’amplitude du champ baisse de quatre fois à 10 cm, et elle est cinquante fois inférieure à 1 m de distance – voir figure 2).Dès que possible, utilisez le mode “haut-parleur”, ou un kit mains libres équipé d’un tube à air dans ses derniers 20 cm qui semble moins conduire les ondes électromagnétiques qu’un kit mains libres filaire traditionnel, ou une oreillette bluetooth (moins d’1/100e de l’émission électromagnétique du téléphone en moyenne).
- Restez à plus d’un mètre de distance d’une personne en communication, et évitez d’utiliser votre téléphone portable dans des lieux publics comme le métro, le train ou le bus où vous exposez passivement vos voisins proches au champ électromagnétique de votre appareil.
- Evitez le plus possible de porter un téléphone mobile sur vous, même en veille. Ne pas le laisser à proximité de votre corps la nuit (sous l’oreiller ou sur la table de nuit) et particulièrement dans le cas des femmes enceintes – ou alors le mettre en mode “avion” ou “hors ligne/off line” qui a l’effet de couper les émissions électromagnétiques.
- Si vous devez le porter sur vous, assurez vous que la face “clavier” soit dirigée vers votre corps et la face “antenne” (puissance maximale du champ) vers l’extérieur.
- N’utilisez votre portable que pour établir le contact ou pour des conversations de quelques minutes seulement (les effets biologiques sont directement liés à la durée d’exposition). Il est préférable de rappeler ensuite d’un téléphone fixe filaire (et non d’un téléphone sans fil – DECT – qui utilise une technologie à micro-ondes apparentée à celle des portables). – Quand vous utilisez votre portable, changez de côté régulièrement, et avant de le mettre contre l’oreille, attendez que votre correspondant ait décroché (baisse de la puissance du champ électromagnétique émis).
- Evitez d’utiliser le portable lorsque la force du signal est faible ou lors de déplacements rapides comme en voiture ou en train (augmentation maximale et automatique de la puissance lors des tentatives de raccordement à une nouvelle antenne relais ou à une antenne distante)
- Communiquez par SMS plutôt que par téléphone (limite la durée d’exposition et la proximité du corps).
- Choisissez un appareil avec le DAS le plus bas possible par rapport à vos besoins (le “Débit d’Absorption Spécifique” mesure la puissance absorbée par le corps).

Téléphonie mobile attention au DAS

Tout portable possède un indice dit DAS ou indice de Débit d’Absorption Spécifique également connu sous sa dénomination anglaise (SAR, pour Specific Absorption Rate). Il mesure le niveau de radiofréquences émis par le portable vers l’usager lorsqu’il fonctionne à pleine puissance, dans les pires conditions d’utilisation. Depuis la parution du décret du 8 octobre 2003, les mobiles destinés à être utilisés en France doivent présenter un indice DAS inférieur à 2 W/Kg au niveau du tronc et de la tête. Si vous avez acheté votre mobile en France, vous devez disposer de son indice DAS et vous pouvez vérifier qu’il est inférieur à 2 W/Kg. Les opérateurs communiquent sur l’indice DAS des mobiles, mais plus ou moins bien. SFR l’indique sur son site internet. Sur celui de Bouygues Telecom, il est noté en nombre d’étoiles mais pas sur tous les mobiles. Orange et SFR ont décidé d’afficher cet indice sur les étiquettes des mobiles présentés dans leurs points de vente. Vérifiez cette information avant d’acheter un mobile. Choisissez le DAS le plus bas !

 

Avis d’écologiste

Le téléphone portable est une invention remarquable et une avancée sociétale importante. Nous ne nous en passerons plus. En revanche, nous, les utilisateurs, devons tous prendre les mesures de précaution qui s’imposent aux vues des données scientifiques récentes sur leurs effets biologiques, particulièrement si nous sommes déjà porteurs d’un cancer avéré. Par ailleurs, les constructeurs et les opérateurs doivent aussi prendre leurs responsabilités. Il leur revient de fournir aux utilisateurs des appareils et des équipements qui permettent le plus bas niveau de risque possible et de faire constamment évoluer la technologie dans ce sens. Ils doivent aussi encourager les consommateurs à utiliser leurs appareils de la façon la plus compatible avec la préservation de leur santé. Au début des années 1980, lorsque les propriétaires des mines d’amiante se sont vus réduits à la banqueroute sous l’effet des procès des familles des personnes décédées à cause de leur exposition professionnelle, Johns Manville, le plus important d’entre eux, a tiré les leçons de ses années de lutte contre les données médicales et scientifiques qui mettaient en cause son industrie. Il concluait, avec regrets, que «davantage d’avertissements» appropriés pour le public, la mise en place de précautions plus efficaces, et davantage de recherche médicale «auraient pu sauver des vies, et probablement les actionnaires, l’industrie, et du coup les bienfaits de son produit». C’est ce que nous souhaitons aujourd’hui à l’industrie du téléphone portable. Il ne s’agit pas de bannir cette technologie, mais de l’adapter – de la maîtriser – afin qu’elle ne devienne jamais une cause majeure de maladie.



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