Arbre de vie

L’année 2011 a été proclamée année de la forêt par les Nations Unies. C’est déjà une excellente nouvelle car on est trop peu conscients de l’importance de la forêt pour assurer un développement durable à notre planète et, même, la survie de notre espèce. On prend souvent comme “contre-exemple” celui de l’Ile de Pâques, dont la civilisation aurait disparu à la suite de la déforestation totale de l’Ile. Chaque année, la déforestation est à l’origine de plus de 25 % d’émission de gaz à effet de serre. Il disparaît l’équivalent de sept terrains de foot à la minute en Amazonie et de deux terrains à la seconde au niveau planétaire, soit trois fois la surface de la Suisse (15 millions d’hectares). Nous savons tous depuis longtemps le rôle majeur que joue la forêt dans la régulation climatique et c’est un enjeu majeur que de protéger ce patrimoine.

 
Effet de serre

Les gaz à effet de serre (vapeur d’eau, dioxyde de carbone, méthane…) sont transparents à certaines longueurs d’onde des rayonnements solaires, ce qui permet à ces derniers de pénétrer profondément dans l’atmosphère ou jusqu’à la surface du globe. La partie du rayonnement absorbée par la Terre lui apporte de la chaleur, qu’elle restitue à son tour en direction de l’atmosphère sous forme de rayons infrarouges. Les gaz et les nuages empêchent une partie des rayonnements infrarouges de s’échapper, emprisonnant ainsi la chaleur près de la surface du globe, où elle réchauffe l’atmosphère basse.

Forêt contre effet de serre

Si l’on se réfère à nos cours de “Sciences et Vie de la Terre”, un arbre, en journée, inspire du CO² et séquestre ainsi du carbone via la photosynthèse, puis expire de l’oxygène. La nuit, il va au contraire rejeter à nouveau du CO², mais en quantité moins importante, quand l’absence de lumière ne lui permet plus de «digérer» le CO² via la photosynthèse. Tout ceci est très schématique mais néanmoins vrai, d’ou l’importance de préserver nos forêts pour absorber le CO², présent en quantité trop importante aujourd’hui et responsable du réchauffement climatique. Par ailleurs, quand un nuage passe au-dessus de nos têtes, c’est la différence de température de quelques degrés de la forêt qui crée la zone dépressionnaire suffisante pour que le nuage éclate et que la pluie tombe. S’il n’y a plus de forêt, la température au sol s’élève – en particulier en milieu tropical, là où la forêt est la plus menacée – et le nuage s’élève, porté par cet air chaud, sans laisser tomber une goutte de pluie. La zone devient rapidement aride, désertique et le sol dur et improductif. De surcroît, toujours en milieu tropical, ce sont principalement des forêts (après les océans bien sûr) que s’évapore l’eau qui va constituer les nuages, eux-mêmes permettant d’éviter la réverbération des rayons du soleil sur le sol (appelé effet d’albédo). Absorption de CO² et évaporation constituent la base de la régulation en température de la terre. Les arbres sont des maillons essentiels de la chaîne de la vie. Les forêts sont parmi les écosystèmes les plus riches et les plus stables de la planète.

 

Forêt et biodiversité

Selon les scientifiques, les forêts mondiales renferment plus de 50 % de la biodiversité terrestre en lien avec une quantité astronomique de biomasse, de nutriments dans le sol, de carbone et d’eau (stockée dans les feuilles, les troncs et les racines des arbres). Le bassin amazonien, par exemple, est la première réserve de biodiversité et d’eau douce mondiale. Raser la forêt en milieu tropical, c’est détruire toute la matière organique du sol, et prendre le risque d’érosion et de glissements de terrain aux premières pluies. Ceci appauvrit considérablement les sols et réduit très significativement les rendements agricoles, ce qui entraîne de nouvelles coupes pour développer de nouvelles cultures, elles-mêmes rapidement improductives… Il ne faut donc pas jouer contre la forêt, mais avec elle, à travers le développement de l’agroforesterie par exemple. Etre la première réserve de biodiversité signifie concrètement que la forêt héberge et protège d’innombrables plantes – dont une multitude sont comestibles et même médicinales – ainsi que d’innombrables insectes – dont on ne connaît à ce jour qu’une minorité d’espèces – et animaux – depuis les oiseaux, les singes et les derniers grands fauves. Enfin, et peut-être même surtout, la forêt est encore protectrice d’un grand nombre de peuples premiers qui dépendent totalement d’elle pour vivre. Leur destin est intimement lié à celui de la forêt, leur alimentation, leurs traditions et même leur religion est la forêt. Détruire la forêt, c’est détruire la richesse de leurs cultures et leurs savoir-faire et anéantir les derniers hommes qui ont pleinement conscience, eux, de l’interdépendance de l’Homme avec son milieu. 

Avis d’écologiste

Nous sommes tous concernés et chaque jour la nature nous rappelle que notre planète est un espace clos et que ce qui se passe au Japon nous impacte très rapidement au gré des vents et des marées. En 2030, la forêt amazonienne, selon les experts aura disparu. Alors devenons des “éco citoyens” et choisissons des bois bénéficiant d’une “éco-certification” type PEFC ou FSC qui garantissent une gestion planifiée des gisements avec replantation obligatoire. La plupart des négociants en bois et les grandes surfaces de bricolage propose des produits intégrant ces garanties. Bien sûr, les Etats doivent mettre en place des politiques de gestion durable des ressources avec la création de zones protégées et lutter de façon active contre l’exploitation illégale des gisements, véritable plaie de l’Amazonie. Un autre sujet de préoccupation est lié à “l’invasion commerciale chinoise” en Afrique à des fins d’exploiter les richesses locales. Nous assistons impuissants à l’abattage à grande échelle de milliers d’hectares de forêt en côte d’Ivoire notamment qui auront des conséquences irréversibles sur le climat d’un continent déjà largement touché par la sécheresse. Jusqu’à quand allons-nous continuer à programmer notre propre destruction ? Après celle du Jasmin, à quand une révolution verte ?



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