Après l’amiante, le dioxyde de titane

Nous avons déjà attiré votre attention sur le danger potentiel des nanoparticules, infiniment petites, un million de fois plus petites qu’un cheveu, qui envahissent notre quotidien pour notre plus grand bien si l’on en croit les industriels. Parmi ces “amis”, le dioxyde de Titane fait depuis quelques mois, la Une des publications spécialisées. Aux dires du Professeur Jürg Tschopp, Prix Louis-Jeantet de médecine en 2008, il est présenté comme étant un nouveau danger pour notre santé en tous points comparable à l’amiante.

 
Nanomania !

Les nanoparticules sont promises à un grand avenir. Tous les quatre matins, des reportages enthousiastes de nos meilleurs médias nationaux illustrent les merveilles technologiques promises par ces nouveaux composants. Façon Bogdanov : santé, électronique, chimie, tout y passe. La fascination gagne. Mais pourquoi chercher si loin ? Quand ces nanotechnologies sont déjà présentes… dans nos assiettes ! Des colorants, des arômes ou des vitamines sont enfermées dans des nanocapsules que l’on mélange à des boissons pour en modifier la couleur ou le goût. Certaines variétés de ketchup sont épaissies par du dioxyde de silicium. Des vinaigrettes sont blanchies au dioxyde de titane, qui sert aussi à éviter le “blanchiment gras” des confiseries chocolatées. Les silicates d’aluminium empêchent l’agglutination des aliments en poudre. Les emballages, aussi, renferment toutes sortes de nanoparticules révolutionnaires.

Ils jouent avec notre santé

Aujourd’hui, le nombre de produits en vente libre contenant des nanoparticules est impossible à connaître. Les producteurs communiquent très peu sur le sujet et rien ne les y oblige. Plusieurs études indépendantes s’y sont toutefois risquées et globalement elles estiment que plus de 300 nanoaliments sont déjà présents sur le marché. Le chiffre d’affaires du secteur est passé de 2,6 milliards de dollars en 2003 à 5,3 milliards en 2005. Il est attendu à plus de 25 milliards en 2011. De quoi exciter les appétits ! Pourtant, aujourd’hui, personne ne sait de quoi il retourne. Absolument personne. Y a-t-il des risques sanitaires à ingérer ces particules un million de fois plus petites qu’un cheveu et que les barrières naturelles ne sont pas faites pour arrêter ? Comment ces particules sont-elles digérées, où vont-elles se nicher, comment sont-elles éliminées, que se passe-t-il lorsqu’elles se retrouvent dans la nature ? Quels risques professionnels pour les ouvriers qui travaillent à leur contact ? En France, c’est en 2007 que le CNRS a lancé la première étude française, qui prendra plusieurs années. Au niveau mondial, très peu d’études ont été réalisées, le plus souvent limitées. Néanmoins, comme le souligne un rapport officiel canadien, on a d’ores et déjà pu mesurer «des effets toxiques au niveau des reins, de la reproduction et de la génotoxicité. De plus, certaines particules causent des granulomes, de la fibrose et des réactions tumorales au niveau pulmonaire. C’est ainsi qu’une substance reconnue comme non toxique, le dioxyde de titane, démontre une importante toxicité pulmonaire lorsqu’elle est de dimension nanométrique. Des effets cytotoxiques ont également été rapportés.»

 

Flou total à l’AFSSA

En 2009, l’AFSSA (Agence Française pour la Sécurité Sanitaire des Aliments) reconnaissait n’avoir aucune donnée et ne disposer d’aucun moyen d’analyse et de détection. Cet organisme s’est limité à recommander la «prudence» et a préconisé «que la présence de ces substances dans l’alimentation fasse l’objet d’une déclaration systématique et d’une demande d’autorisation de mise sur le marché, dans le cadre d’une réglementation (à mettre en place)». Oui… car en fait, aucune législation n’existe. Ces composants n’ayant pas d’existence légale, ils sont autorisés… en dehors de tout contrôle. Le premier texte du Grenelle de l’Environnement adopté promettait timidement d’imposer l’obligation de déclaration dans les deux ans, sans toutefois indiquer si le consommateur devra être informé.

Dioxyde de titane à profusion

Le dioxyde de titane a été commercialisé pour la première fois en 1923. Sa production mondiale, multipliée par deux en 10 ans est d’environ 4,4 millions de tonnes. Il est utilisé principalement comme pigment ou comme charge, en raison de son pouvoir blanchissant et opacifiant dans les peintures, les plastiques, les céramiques, les papiers, les encres, les bitumes, etc. Le dioxyde de titane représente ainsi 70 % de la production mondiale de pigments minéraux synthétiques, devant les oxydes de fer et le noir de carbone. Il est également présent dans des aliments, des médicaments, des cosmétiques, les baguettes de soudage ainsi que comme catalyseur, notamment pour la purification de l’eau.

Produit cancérigène

Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) avait déjà classé le 10 mars 2006 le dioxyde de titane cancérogène possible pour l’homme (catégorie 2 B). Les experts du CIRC estimaient qu’ils disposaient d’indications suffisantes pour affirmer que le dioxyde de titane provoquait le cancer du poumon chez l’animal. Depuis, silence radio du CIRC ! Ce n’est pas la première fois que des travaux font état des problèmes posés par ces substances. Récemment une expertise de l’Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail) avait soulevé le cas du ciment qui acquiert, grâce à l’adjonction de dioxyde de titane nanométrique, des propriétés autonettoyantes. Or l’usure des bâtiments entraîne une dissémination de ce produit. En cas de très fortes doses, «des inflammations pulmonaires et des tumeurs ont été déclenchées chez des rats», notaient les experts. Selon eux, il est évident que «les personnes souffrant d’une pathologie respiratoire constituent des populations sensibles».

 

Barrière cutanée franchie

L’agence s’était aussi intéressée aux crèmes solaires contenant du dioxyde de titane nanométrique pour filtrer les rayons ultraviolets. Les fabricants ont toujours affirmé que ces nanoparticules ne franchissaient pas la barrière cutanée. Or, selon les experts, «certaines études récentes montrent qu’elles peuvent se retrouver dans la couche profonde de l’épiderme». Les peaux blessées, brûlées, allergiques ou celles des enfants sont particulièrement vulnérables. Chez des souris, ces particules peuvent atteindre la rate, le coeur et le foie, et causer des lésions. Une étude des chercheurs du Département de biochimie de l’université de Lausanne (UNIL), de l’université d’Orléans (F) et du Centre national français de la recherche scientifique (CNRS) va plus loin puisqu’elle décrit les mécanismes par lesquels cette substance peut être toxique. Selon eux, ces nanoparticules produisent des effets inflammatoires similaires à ceux de deux autres irritants environnementaux bien connus, l’amiante et la silice. «Comme eux, elles activent la production de molécules toxiques capables de s’attaquer à l’ADN, aux protéines et aux membranes cellulaires», estiment les chercheurs qui ont travaillé sur des cellules humaines et sur des souris. Ils mettent en garde contre un risque possible de cancers engendrés par l’inflammation, en particulier chez les personnes exposées à d’importantes concentrations de ces nanoparticules.

Avis d’écologiste

A l’évidence, produire et disperser dans la nature, les produits finis, l’alimentation, des nanoéléments capables de franchir toutes nos défenses naturelles classiques sans que nous en soyions informés ou même conscients, représente un danger réel. Si les scientifiques jugent le risque cancérigène patent, alors il est temps qu’en l’absence de réaction des autorités, nous exigions une traçabilité immédiate des produits de consommation courante. Vérifiez sur les produits, l’absence de TIO², dioxyde de Titane ou posez la question dans vos magasins de cosmétiques, l’info remontera vers les fabricants… ou saisissez par internet vos députés européens.

Ci-dessous un lien vers un site donnant des informations sur des produits contenant du TI O² (le contenu de l’information est de la responsabilité de l’auteur)
http://leflacon.free.fr/ingredient.php?fiche=179


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