Alerte aux pôles !

Récemment, des millions de tonnes de méthane se sont ajoutés au total de ce qui envahira notre ciel. Coup sur coup, deux navires explorant le Grand Nord, ont lancé un cri d’alerte, renvoyant vers la civilisation un avant-goût de son inconscience.
 


Méthane, 20 fois plus dangereux que le CO²

Le méthane est décrit par les scientifiques comme un gaz à effet de serre 20 fois plus actif que le gaz carbonique. En termes clairs, cela veut dire qu’il offre à ceux qui veulent détruire les écosystèmes un rapport qualité-prix très supérieur. C’est d’abord d’un navire scientifique russe, le Jacob Smirnitskyi, affrété par des chercheurs suédois, qui a rapporté en septembre dernier que des dépôts de méthane sous-marins, emprisonnés dans la glace depuis des milliers d’années, fuyaient vers la surface, à mesure que notre planète se réchauffe. Puis le 25 septembre, ce fut au tour d’un navire britannique d’ameuter la communauté scientifique venant de repérer plus de 250 “cheminées de méthane” desquelles le gaz venait crever la surface de l’eau. L’inquiétant vient du fait que cette observation ne couvrait que quelques dizaines de Km². Les géologues évoquent depuis longtemps le risque que des “poches” de gaz emprisonnées sous le permafrost (le sol gelé en permanence) ne soient libérées à un rythme accéléré, au fur et à mesure que la Terre se réchauffera. Le scénario peut se résumer à ceci : expédiez des millions de tonnes de méthane dans l’atmosphère, et vous accroissez l’effet de serre ; ce qui veut dire que vous accélérez le réchauffement du grand Nord… et que vous libérez d’autres millions de tonnes de méthane. Il y en aurait des milliards enfouis ainsi sous l’océan Arctique.

De la Norvège à la Sibérie

Le phénomène n’est sans doute pas aussi inédit qu’il en a l’air. Un nombre indéterminé de ces 250 “cheminées” existait probablement depuis longtemps. Des “fuites” de méthane se produisent sûrement dans la région depuis la dernière ère glaciaire, soit depuis 15000 ans. Ce que nous voyons maintenant n’a certainement pas commencé l’année dernière. Si les Anglais ont situé leurs observations au large des îles Svalbard, au Nord-Ouest de la Norvège, les Suédois étaient au large des côtes nord de la Russie près du fleuve Léna dans le cadre du programme d’étude du plateau Sibérien. C’est l’ampleur du phénomène qui inquiète : découvrir des “fuites” de méthane est une chose, en découvrir autant au même endroit en est une autre, qui conduit à spéculer sur ce qui est en train de se passer dans les milliers de kilomètres carrés de l’océan Arctique que personne n’observe en ce moment. Si la chose est vraiment en train de se multiplier, le climat serait voué à se réchauffer encore plus, et les perturbations que les plus pessimistes nous prédisent pour la fin du XXIe siècle pourraient avoir lieu demain et avoir un caractère irréversible. Les courants marins et atmosphériques seraient lancés dans une phase d’emballement dont il leur faudrait, au mieux, des siècles pour se remettre…

 


Quels risques ?

Ce méthane est un héritage de la dernière époque glaciaire, alors que le niveau des eaux était de 100 mètres plus bas. C’est la raison pour laquelle ceux qui temporisent rappellent qu’une partie au moins de ce méthane doit “fuir” en permanence depuis 15 000 ans. Sans compter la partie du méthane que l’on doit au travail normal des bactéries. Des échantillons envoyés par les deux navires dans des laboratoires des Pays-Bas et du Royaume-Uni devraient permettre d’en savoir plus. Quelle partie de ces fuites est “chronique”? Quelle partie atteint la surface puis fuit dans l’atmosphère ? Combien de dixièmes de degrés Celsius supplémentaires suffiront pour en faire fuir quelques millions de tonnes de plus ? À ce jour, personne ne peut répondre à ces questions.

Avis d’écologiste

Nous savons que la glace des pôles diminue d’année en année non seulement en terme en de surface (-22 % en 2 ans) mais aussi en épaisseur (1,9 m à 1m en moyenne). Alors, ceux qui nous racontent pour vendre des livres que tout cela est cyclique ne sont que des charlatans. Voie navigable rouverte au nord, disparition massive de la faune et de la flore polaire sont devenues banalité pour nous tous et pourtant nous faisons nous aussi partie des espèces menacées… Si ces observations sur le méthane, s’ajoutant aux effets de libération du CO² piégé par l’océan en son sein du fait de l’augmentation des températures, sont confirmées, nous pourrions assister à un effet “boule de neige” amenant un changement climatique profond à moins de 10 ans. Malheureusement les scientifiques et les écologistes ont l’impression une fois encore de prêcher dans le désert devant le mur des décideurs plus prompts à trouver des milliards pour sauver leurs copains banquiers qu’à réfléchir aux conditions de survie de l’humanité. A nous d’agir, il n’est jamais trop tard !



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.